Rostrenen sous la révolution

A l’heure de la Révolution française, Rostrenen connaît une mutation politique en douceur. Un millier d’habitants résident dans la commune. Les premières élections municipales sont organisées le 11 février 1790. Une réunion est organisé à la sacristie de la collègiale pour élire les « officiers municipaux » : Claude Courtois est élu maire. Dans le même temps, une garde nationale est constituée de jeunes rostrenois, plus ou moins volontaires.
Le 30 février 1790, le département des Côtes-du-nord est décrété par l’Assemblée Nationale Constituante. Rostrenen devient chef-lieu de district le 1er août 1790, ce qui lui confère une plus grande importance.
Comme partout dans le pays, les Rostrenois se doivent de choisir leur camp : la révolution ou la chouannerie. L’ancien château, de Florimonde de Lantivy, baronne de Rostrenen, devenu propriété de la commune, se transforme en prison. Il se remplit de citoyens qui, de par leur rang ou activité (nobles, notables, ecclésiastiques …), ne répondent pas à l’attente du nouvel ordre français.

L’ancien château devenu prison, hôpital puis école des filles.

Les portes du bâtiment ne ferment plus, les planchers sont vermoulus, il manque des carreaux aux fenêtres. Un seul gardien assure la surveillance. Il est aisé de s’en échapper.
Le manoir de Campostal sert également de geôle, les prêtres réfractaires y sont hébergés.

En 1793, le district de Rostrenen se compose des cantons de Callac, de la moitié de celui de Bothoa, de la presque totalité de celui de Gouarec, et de ceux de Rostrenen et de Maël-Carhaix. Il abrite un tribunal de district, un tribunal de paix et un peloton de gendarmerie sous les ordres d’un lieutenant. Avec ses commerces, son administration, son artisanat, ses professions libérales ou de santé, ses écoles, l’une pour les garçons, l’autre pour les filles, la commune est un centre attractif. En novembre 1793, de nombreuses voiles anglaises sont signalées sur la côte nord, du côté de Saint-Brieuc. Pour parer à l’éventualité d’un débarquement, on demande des volontaires. A Rostrenen, ils brillent par leur absence, aussi la municipalité procède par tirage au sort.

En 1794, le district s’efface, Rostrenen devient « commune centrale » avec, sous sa dépendance, Glomel, Gouarec, Plouguernével, Kergrist et Maël-Carhaix. La même année, le vieux colombier du château est démoli. Il représentait un droit seigneurial, sa disparition symbolise la fin des privilèges de la noblesse.

L’époque de la Terreur s’achève.

La chouannerie est active. La compagnie du 32e d’infanterie et un détachement du 15e arrivent à Rostrenen pour protéger la ville. Les soldats de la République font la chasse aux chouans, mais ces derniers forts de leur connaissance du terrain ne se font pas prendre. Un Rostrenois, Florimond Périou de Rosmeur, a rejoint la chouannerie dès l’appel au soulèvement général du marquis de la Rouerie en mars 1793. Il devient le bras droit de Joseph de Boulainvilliers du Croÿ, chef des chouans du Morbihan.

Plusieurs Rostrenois paient de leur vie leur engagement du côté des Royalistes ou des Républicains. Mais pour la plupart des habitants de la commune la période révolutionnaire n’a pas été une « révolution » pour leur vie quotidienne.

Des prêtres emprisonnés

En 1790, 22 prêtres réfractaires du pays sont enfermés à Campostal en vertue des lois républicaines. Certains prétexteront de « vouloir prendre épouse » pour pouvoir en sortir.

Les chouans inquiètent

Royalistes ou pas, les chouans n’ont pas l’intention de se laisser imposer un nouveau régime. La municipalité les craint, de nombreux soldats les attendant dans la commune, mais l’affrontement n’aura pas lieu.

Les révolutionnaires organisent le nouveau Rostrenen

La Révolution permet aux citoyens rostrenois de mettre en place une nouvelle politique sociale concernant l’instruction, la sécurité, l’hygiène, la vie économique. La commune joue un rôle plus important sur le territoire.

An 6 de la République

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