Origine et naissance de Rostrenen

Alors que Rostrenen ne s’appelait pas encore Rostrenen et que les Romains faisaient la conquête de la Gaule, l’Armorique comprenait cinq peuplades : les Rhedones (capitale :Rennes), les Namnètes (Nantes), les Vénètes (Doriorigum : Locmariaquer), les Curiosolites (Corseul) et les Osismiens

(capitale : Vorgium ou Vorganium) nos ancêtres.

A cette époque la paroisse primitive, Moëlou, était traversée par deux voies romaines. La première reliait Carhaix, Saint_Colomban, Kerhir, Bothoa, Le Haut-Corlay , Quintin…jusqu’à Aleth (Corseul)

La deuxième voie traversait Rostrenen où les Romains devaient avoir une station car des débris de brIques romaines, à crochets ont été trouvés près de la ville,

Du village de Bonne-Nouvelle (nom breton du village : an hambout), où elle décrivait une boucle accentuée, elle passait le long du cimetière actuel en gravissant une pente beaucoup plus prononcée qu’aujourd’hui, cette rampe ayant été écrétée une première fois lors de la construction par ordre du duc d’Aiguillon, au XVIIIème siècle, de la route de Carhaix à Pontivy ; et une deuxième fois, à son sommet, lors de la rectification de la route de Carhaix, vers 1880. Cette voie qui passait près de la chapelle Saint-Jacques empruntait, en quittant Rostrenen, le chemin de Kerleau pour se diriger vers Plélauff…. Jusqu’à Rennes.

De cette époque romaine, il est possible de retrouver plusieurs vestiges : voies, camps, aqueduc …

Sur ces voies, plusieurs églises sont dédiées à Saint-Pierre : Maël-Carhaix, Plounévez-Quintin, Bothoa, Plélauff, Mûr de Bretagne, Plémet…

Au point de vue religieux, Rostrenen dépendait de la paroisse de Moëlou, dont le siège se trouvait à Coz Illis Moëlou, connu aujourd’hui sous le nom de Saint Lubin.

Le bourg s’épanouit

C’est à l’époque médiévale que commence véritablement l’histoire de Rostrenen.

Un modeste château de bois (à l’emplacement de la poste actuelle) abritait une famille de nobles, dont la baronnie est connue depuis 1068. Le château fut incendié pendant la Ligue.

Extrait de « L’histoire des guerres de la Ligue en Cornouaille », par le chanoine M. Moreau, édité à Brest en 1836 :

« En l’année 1592, le château de Rostrenen, appartenant au seigneur baron du Pont, où il y avait quelque garnison pour son altesse, fut pris par les Royaux, et on y mit pour commander un gentilhomme voisin et vassal, le sieur de Meneheu… Le duc de Mercoeur vint avec son armée et fit assiéger ledit château de Rostrenen… les chefs y firent mettre le feu et le ruinèrent à ce que personne des gens de guerre ne s’y pussent plus loger à l’avenir. »

Parmi ces barons du Haut Moyen Age on trouve Riwalon, Sénéchal de Bretagne, chambellan du Duc de Bretagne en 1068 et Guillaume de Rostrenen dit Guillaume au nez court, Connétable sous Louis le Débonnaire en 830 .

Maitre Julien Le Cornec, « fabrique » de la Collégiale au XVIIème siècle, relate dans son ouvrage intitulé « Généalogie de Rostrenen », les faits suivants : au temps de l’empereur Gratien et du roy de Bretagne Gradlon :

« Merriadeck, sire de Rostrenen, étant toujours à la suite du Roy Gradlon, qui tenait sa cour dans la superbe ville d’Ys, et après que cette ville fut abîmée par la mer, par une permission de Dieu, le roy tint sa cour à kemper » Puis, « Rostrenen, baronnie, maison fort renommée, éminente et illustre et si ancienne, que tous les historiens demeurent d’accord qu’elle a donné à la France, en l’année 830 , sous le nom de Guillaume, sire de Rostrenen, son premier Connétable, sous Louis le Débonnaire et a produit, en outre, plusieurs grands officiers de la baronnie, comme grands chambellans, maréchaux de France et de Bretagne»

Quant à Guillaume au nez court, premier Connestable de France, en l’année 830, sous Louis le Débonnaire, autrement nommé le roy fainéant, roy de France, et sous Nominoë, roy de Bretagne, Bertrand d’Argentré écrit :

«Ce seigneur, connestable de Rostrenen, était un des plus braves et des plus redoutables capitaines de son temps. Il se signale à plusieurs batailles, principalement contre Lothaire, empereur des Romains, à la bataille de Fontenay, où il resta 90.000 Romains sur place. Messire Guillaume de Rostrenen, lequel vivait du temps de Louys le Débonnaire et suivait la faveur du Roy, étant les faveurs du roy défavorisées, et de degré à autre, par sa valeur, devint connestable de France et fut tué au service du roy aux guerres des Normans, lors, couvrant la France et pour recognoistre, la race portait d’hermines à trois fasces de gueule, qui étaient les armes de Rostrenen » (de l’historien breton, Bertrand d’Argentré au titre 1er , chapitre 16 de son histoire de la Bretagne intitulée « Hommes illustres du pays de Bretaigne, en toutes professions et états »

D’Argentré n’hésite pas à rapprocher de du Guesclin ce Guillaume de Rostrenen dans sa liste des hommes illustres.

Le Laboureur, prieur de Juvigné, écrit, en parlant de la maison de Rostrenen :

« maison si célèbre que nous avons tels auteurs français et bretons qui donnent pour connestable au roy Louis le Débonnaire, empereur d’Occident, un sire Guillaume de Rostrenen »

Créée par les derniers mérovingiens, cette charge de Connétable, n’était d’abord donnée qu’à de simples officiers du palais. Sous Charlemagne, elle devint plus considérable, mais ce fut seulement Henri Ier qui en fit la première dignité de la monarchie.

Connestable : du latin « comes stabuli : comte de l’étable », primitivement surintendant général des écuries du roy. En 1191, commandant général des armées, premier dignitaire de la monarchie . En 1627, Louis XII supprima cette dignité.

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