Légende de l’écusson de Rostrenen

Pour la famille de Rostrenen, les armes étaient « d’hermines à trois fasces de gueule »

Oyez tous fort belle histoire

D’un baron du temps jadis

Qui moult se couvrit de gloire

 Pour aller au paradis

( d’après un texte ancien )

Cela se passait il y a fort longtemps, sous l’un de nos premier roys du pays de Bretagne. Telle une nuée de sauterelles, ravageant et détruisant tout sur leur passage, ne laissant guère après eux que du sang et des ruines, les Normands s’étaient jetés sur la Bretagne.
Devant le péril imminent, le roi avait fait donc appel à ses loyaux et fidèles sujets.
Déjà avaient été livrés plusieurs combats où la victoire était demeurée incertaine, et ce jour là la défense bretonne était sur le point de fléchir. Mais soudain un fait imprévu, comme il en arrive parfois, vint jeter la déroute dans les rangs ennemis.
Dans l’entourage immédiat du roi de Bretagne on remarquait, tout couvert de sueur et de poussière, un cavalier monté sur un blanc destrier, qui, à maintes reprises, avait déjà payé de sa personne.
Or donc, voici qu’un cavalier normand réussit à s’infiltrer au cœur de l’armée bretonne, jetant le desarroi et la panique autour de lui. Soudain, il se trouva face à Rostrenen ( ainsi s’appelait le cavalier breton) en qui il devina aussitôt un des chefs.

Déjà Rostrenen lève son épée pour pourfendre cet ennemi qui se dresse devant lui et lui barre le passage, mais ce dernier plus rapide et cherchant à détourner le coup qui le menace, réussit à lui trancher l’extrémité des trois derniers doigts « maudit mécréant, s’écrie R ostrenen, tu ne t’en vanteras pas auprès des tiens » et ceci dit, il enfonça son épée dans la gorge du normand qui s’était découvert un instant. Alors, maintenant à grand peine son épée dans sa main mutilée, Rostrenen essuie le sang qui coule de ses trois doigts sur sa poitrine qui porte l’hermine de Bretagne . Puis, se tournant à demi sur son destrier, vers ceux qui le suivaient, et levant haut son épée « oultre » rugit-il (c’était sa devise) et, piquant des deux, il fonce dans les rangs ennemis, bousculant et culbutant tout sur son passage.

Toute l’armée bretonne, galvanisée par son exemple, se rue à sa suite, piquant et taillant sans merci, jetant à son tour la panique chez l’ennemi qui cherche le salut dans la fuite.

Rostrenen ne se retira qu’après le combat et lorsque la victoire fut complète. Le roi de Bretagne voulut lui-même féliciter le héros de la journée et voyant sur sa poitrine les hermines sur lesquelles le sang avait laissé trois barres rouges, il lui dit en les désignant du doigt « Rostrenen, voilà tes armes »


Publié

dans

par

Étiquettes :