Marie Anne Branthôme, femme d’affaires

Marie Anne Le Maout est née le 6 octobre 1835, dans une petite maison en location de la place du centre à Rostrenen.
Son père Pierre-Marie est tailleur, sa mère Françoise Le Go est cabaretière-épicière. Ils sont peu fortunés.
Marie est la seconde d’une fratrie de neuf enfants. Elle apprend à lire, écrire et compter à l’Ecole publique congréganiste des lles.
Dés l’âge de 14 ans elle aide sa mère à l’épicerie et tiens le café, elle sait compter juste, faire du commerce et faire face aux adultes.


À l’âge de 20 ans, le 19 juin 1856, elle épouse un menuisier, Charles Athanase Branthôme (1832-1880). Ils ont ensemble un grand projet : créer rue du Porz-Moëllou, près du champ de foire, une grande fabrique de meubles. Charles formé à l’ébénisterie par son père et son oncle est un travailleur acharné, Marie s’occupe des investissements et de la vente de la production, c’est elle qui signe toutes les transactions. Ils associent à leur projet un des trois frères menuisiers de Charles (qui épousera la jeune soeur de Marie) et les trois frères menuisiers de Marie.
Leur production se distingue par l’apposition de plaques sur les meubles d’exception et par un style affirmé Branthôme . En 1864, les premiers jalons de la future grande fabrique sont en place au porz-moellou. Marie gère avec succès les nombreux emprunts, achats, ventes immobilières et
locations pour réaliser leur grand projet, elle s’avère être une femme d’affaires à forte personnalité .
En pleine expansion commerciale, le 23 janvier 1880, Charles meurt de maladie. Marie a 44 ans, elle continue seule à mener le projet à son apogée: Nouveaux achats immobiliers, démolition, construction d’atelier, institution et développement d’une chaîne de préfabrication.
Elle digère seule, d’une main de fer, cette entreprise grandissante de renommée régionale qui emploi une cinquantaine d’ouvriers et produit entre 400 et 500 pièces de mobilier par an.
Elle décède brutalement le 4 décembre 1898 à l’âge de 63 ans. Entre 1857 et 1868 elle a donné naissance à 7 enfants dont deux seulement ont survécu: Valentin et Julie. Quatre générations de fabricants de meubles lui succéderont. Elle rentrera dans l’histoire mobilière régionale en tant que « La Veuve Charles Branthôme ».

Sources et photos : Pierre Branthôme


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