Le four à pain : ancêtre des boulangeries

Le four à pain a eu une place importante dans la cité rostrenoise. Au Moyen-âge, le four « banal » appartenait au seigneur. Tous les habitants de la Seigneurie étaient tenus d’y faire cuire leur pain en payant une redevance. 

Lors de la prise de possession des biens de la Dame du Crosco, baronne de Rostrenen, en 1670, il était noté dans le compte rendu :
« Nous nous sommes transporté au fournil et four à ban de ladite ville de Rostrenen, auquel lieu nous aurions rencontré Mathurin Le Bout et Marie Piriou, sa femme, fermiers d’iceluy, auxquels ayant fait entendre notre dite commission, ladite dame du Crosco serait en leur présence entrée et allée par lesdits fournil et four fermé et ouvert les portes et fenêtres et puis y revenir et fait rentrer lesdits Mathurin Le Bout et Marie Piriou pour y demeurer sous et par ladite dame du Crosco à laquelle lesdites choses appartiennent comme dame et propriétaire de ladite baronnie de Rostrenen…. »(sic)

Puis, dans l’aveu de 1682 à propos du four :
« Le logement duquel est construit de pierres, couvert d’ardoises, sans doublage, contenant trente pieds et demy de long sans comprendre la masse dudit four qui est au dehors, et vingt trois pieds de large. Il est deub (du) au fournier pour cuire le pain de dix-huit tourtes ou autre pain, un pain sur dix-huit….
Le four est affermé pour 170 livres
En 1770, il est affermé pour 550 livres par année et pour neuf ans. La seule obligation, outre l’entretien est faire fornées et cuire trois jours par semaine, le lundi, jeudi et samedi. »
A la fin du XVIII siècle, il n’y a pas de boulanger à Rostrenen selon le chirurgien Tailland qui note en 1779  » il n’y a point icy de boulanger. Ce sont les boulangers de quatre lieues d’icy qui vendent leurs pains ce qu’ils veulent ( A.D 35) C 1359
En 1790,  » la cuisson du pain au four banal est réglementée de façon à prévenir toute bagarre et tout désordre  » (Chamaillard)
Le Conseil se préoccupe aussi de l’état de la fontaine du Four et il ordonne d’enlever tout fumier de la venelle du Four.

Premières boulangeries après la Révolution

Les boulangers ne font leur apparition à Rostrenen qu’après la Révolution.
Dans un document de 1818 sur la population rostrenoise, on note deux boulangers.
Les fours sont en pierres jusqu’à l’apparition des briques réfractaires au début du XIXeme siècle (briques de Plémet qui ont inondé la Bretagne)
La plus petite face de la brique est face au feu, de façon à emmagasiner le plus possible de chaleur
Au sol le dallage est en briques; Toutes les briques sont scellées à l’argile.
La fermeture du four se fait à l’aide d’une pierre plate colmatée avec de la boue et même de la bouse de vache.
A Rostrenen le four est alimenté par le bois du  » bois du four »


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