
Yves Le Guennic est incorporé le 1er août 1914, à l’âge de 22 ans au 47ème Régiment d’infanterie. A l’issue de sa formation, au camp de Coëtquidan, il est promu lieutenant. Puis en 1915, il est devient capitaine à l’âge de 24 ans.
Yves Le Guennic donne régulièrement de ses nouvelles à sa famille demeurant alors au Faouédic à Rostrenen : « Je ne suis pas certain d’aller en permission car il y a la méningite cérébro-spinal parmi nous. On parle de consigner le régiment. D’autre part, il y a mention de grèves . . . Bonjour à vous et à bientôt peut-être, votre fils affectueux »
Les hasards de la guerre favorisèrent sans doute son avancement rapide, mais le capitaine Le Guennic possédait le génie militaire. Ses soldats l’appréciaient à l’oeuvre, avaient en lui une confiance illimitée, ils l’adoraient. Yves Le Guennic est tué alors qu’il partait à l’assaut en tête de sa compagnie le 6 septembre 1916. Le 18 décembre, ses obsèques sont célébrés à l’église de Rostrenen.
» Nous nous serions tous fait tuer pour notre capitaine « dirent ses compagnons en apprenant la nouvelle de sa mort. Pour ne citer qu’un trait entre mille : il parcourait le champ de bataille après le combat, il vit un soldat blessé qui pleurait, le capitaine l’aborde » Tu souffres mon ami ? » « Oui mon capitaine, mais je voudrais écrire à ma mère et je n’ai ni papier à lettre ni argent pour en acheter « . Notre officier ému jusqu’au larmes glisse à son homme un louis. Le malade le refuse. » Garde-le mon ami et n’en dit rien à personne. »
Le 6 septembre, il partait à l’assaut en tête de sa compagnie; dans un élan admirable il franchit la première ligne et arriva le premier à la seconde tranchée lorsqu’on l’y vit tomber. Le 18 décembre, les habitants de Rostrenen, dociles à la voix de leur vénéré Pasteur, sont venus en foule assister à la messe d’enterrement du capitaine Le Guennic offrir à la famille en deuil le témoignage de leur sympathie, de leurs regrets et de leurs sincères condoléances. Ils ont ainsi payé à la mémoire du cher défunt le tribu de leur reconnaissance pour les services rendus à la Patrie par le jeune officier dont la cité de Rostrenen est fière à juste titre.
Le capitaine Le Guennic était promu au grade de Commandant et recevoir son quatrième galon dans la semaine qui suivit sa mort. Coïncidence, le jeune officier devait partir en permission dans sa famille dans cette même semaine.
Recherches et collecte informations François-Xavier Le Baquer