Dès les premières années de la Révolution, de nombreux Français quittent clandestinement la France pour les pays d’Europe et d’Amérique, abandonnant leurs biens. L’Assemblée nationale en les considérant comme des traîtres à la Patrie, vote la loi du 8 avril 1792 sur la confiscation des biens de ceux qui étaient absents du territoire depuis le 1er juillet 1789, biens dont la vente est décidée en septembre de la même année. Une première liste officielle des émigrés est alors dressée. (Source : Archives nationales)
Certains nobles, restés en France, doivent justifier de leur présence. A Rostrenen, c’est le Conseil général de la commune (conseil municipal) qui est autorisé à délivrer des certificats de résidence.
Certificat de résidence délivré, à Rostrenen, en 1793, à un noble suspecté d’émigration :
Le 27 prairial an II de la République une et indivisible, assemblée du Conseil Général de la commune de Rostrenen, tenue sous la présidence de Blaize François Tailland, maire et où assistaient les citoyens Louis Le Duédal, Yves-Morin, François Le Quéré, François Buchon, Michel Nicol, officiers municipaux, François Le Bourhis, Louis-Marie Lancelot, Maurice le Noan, Dominique Bigeon, Charles Joseph, Hamon et Jean-François Le Gall, notable, Louis Buchon « lui aussi notable ».
Présent le citoyen Augustin Pierre Chaton, agent national.
Le maire a dit : citoyens, votre assemblée a pour objet :
de faire droit à la demande de la citoyenne Jeanne Marie Saisy, domicilié à KerSaint-Éloy en la commune de Glomel, tendant à obtenir de votre équité, conformément à la loi, et d’après le serment des témoins ci-après désignés, savoir Pierre Guillou, René Melou, Allain Poulizac, Yves Guyon, Yves Fraval, Jean Auffret, François Guillou et la signature de ceux qui savent signer, vous ayez à accorder à son frère, Emmanuel Saisy, domicilié à Kersear, en Lanneaou, district de Morlaix, un certificat de résidence valable pendant trois mois et ce aux fins de disculper son frère injustement suspecté d’avoir quitté le territoire français pendant trois mois consécutifs à dater des derniers jours d’octobre dernier jusqu’au 1er février et pour cette cause actuellement détenu en la maison d’arrêt de Morlaix.
Le conseil, ouï l’exposé du maire et les conclusions de l’agent national, a arrêté et arrête qu’il sera délivré un certificat.