Ce fut au commencement de l’avènement de Charles du Quellennec aux baronnies du Pont et de Rostrenen, que le roi Henry II lui accorda, ainsi qu’aux bourgeois de Rostrenen, le privilège du « papégault », par lettres patentes, enregistrées au Parlement de Rennes le 23 septembre 1555. Dans une lettre adressée à sa cousine Jehanne de Maure, tutrice de Charles, le roi Henry écrit que le papégault sert « à instruire à l’art militaire » et est « un amusement honnête ».
Les Rostrenois tiraient le papégault en mai à l’occasion de la foire Saint-Jacques. Le vainqueur ou « roi de l’arquebuse » recevait 30 tonneaux de vin qu’il pouvait vendre en franchise (la franchise concernait l’intégralité des nombreux impôts et taxes sur le commerce des vins et était accordée pour un an) Le papégault ou papegai était un oiseau artificiel, placé au haut d’un mât, dans un enclos réservé. Au jour fixé, les arquebusiers allaient tirer en grande solennité et le meilleur tireur recevait le titre de « roi du papégault » pour un an, avec, durant ce temps, certains privilèges tel l’exemption d’impôts.
Tous les papégaults de Bretagne furent abolis en 1770, par ordonnance du roi, sauf celui de Saint-Malo qui dut subsister jusqu’à la Révolution.