Histoire du canton de Rostrenen en 1862, d’après l’ouvrage « géographie départementale des Côtes du Nord » par J. Gautier du Mottay, conseiller général Ed Vivier, ancien sous-chef de division à la préfecture J.Rousselot, inspecteur des écoles primaires
Le canton de Rostrenen , avec une superficie de 25.759 hectares, regroupe 13.531 habitants. Il appartient à l’ancienne Cornouaille, les habitants ont conservé, avec le type de leur race, les usages, la langue et les mœurs de leurs pères. Rostrenen, avec une superficie de 1.408 hectares, est traversé par les routes impériales 164 et 164 bis, la route départementale No 10 et les chemins de grande communication n°s 11 et 47.
Les services publics
Rostrenen dépend de l’évêché de Quimper et possède une cure de deuxième classe. On y trouve :un bureau de poste, un bureau de bienfaisance, une justice de paix, un bureau d’enregistrement pour le canton et celui de Maël Carhaix, une recette des contributions indirectes ; c’est la résidence de deux notaires, conducteur des Ponts et Chaussées et un agent voyer, une subdivision de pompiers formant une société de secours mutuels, une brigade de gendarmerie à cheval. Il y a aussi une station d’étalons impériaux, un comice agricole, un marché tous les mardis et de nombreuses foires.
La situation géographique
C’est un territoire élevé, très accidenté et montagneux, traversé par le ruisseau de Saint-Jacques. Il est boisé dans ses parties basses, nu et découvert sur les hauteurs et les mamelons. Les terres de la commune sont très légères, mais bien cultivées avec l’assolement triennal. Ses prairies, excellentes , forment le cinquième de sa superficie et les landes dont il est possible de tirer parti, sont dans la même proportion. La ville de Rostrenen, située sur le versant ouest d’une haute colline (le Miniou) est petite et l’on remarque encore beaucoup de maisons anciennes. Elle s’abaisse vers la route impériale N° 164 bis qui la traverse, aussi tous les voyageurs qui prennent cette voie pour aller de Rennes à Brest, s’y arrêtent et c’est pour elle un avantage.
La scolarité
Rostrenen possède deux écoles de garçons, de 300 élèves avec un pensionnat. Monsieur Le Hir dirige l’école qui se tient dans l’ancienne chapelle Sainte-Barbe (à l’emplacement de l’école primaire actuelle). La seconde est l’école congréganiste des Frères de Ploërmel, au manoir de Campostal. Une école de filles, avec également un pensionnat, de 220 élèves est tenue par les religieuses du Saint-Esprit, occupe une partie de l’ancien château. Ces religieuses sont arrivées à Rostrenen en 1823 pour soigner les « bagnards » malades du camp de Glomel. Rostrenen est chef lieu de canton et de perception.
Le commerce
On s’y livre à un commerce de détail important, activé par les 26 foires dont elle jouit et qui donnent lieu à de nombreuse transactions sur le bétail.
Repères
Points culminants : sainte Barbe 264 m (1), Pors Moëlou 195 m.
Géologie : granite, schiste modifié et machefère.
Le patrimoine
Sans avoir rien de très remarquable au point de vue architectonique, quoiqu’elle offre notamment dans son porche méridional de jolis détails du XVI ième siècle, l’église paroissiale présente une masse assez imposante. Elle a pour patronne Notre-Dame du Roncier, désignation spéciale qui se rattache à l’origine même du nom de la commune «roz dreinen» (2) tertre des ronces, sous laquelle une statue miraculeuse de sainte Vierge aurait autrefois été découverte. Sa fête patronale se célèbre le 15 août et attire une foule considérable. Elle possède un tableau dû à Olivier Perrin, peintre distingué qui en a fait hommage à sa ville natale. On y remarque aussi un tableau donné par le roi Louis Philippe en 1846. Cette église avait autrefois le titre de collégiale qui lui fut donné en 1295 par Pierre de Rostrenen, lequel y joignit 6 canonicats dont les titulaires se sont succédé jusqu’en 1790. A l’entrée du cimetière existe une petite chapelle dédiée à Saint Jacques, autrefois sous le patronage de Saint Antoine. On remarque sur l’un des côtés un bas-relief représentant la Passion. Elle a remplacé, dit-on une commanderie de Templiers.
L’histoire
Il ne reste plus rien du vieux donjon de Rostrenen, appartenant aux comtes de ce nom dès le Xième siècle, et qui fut détruit pendant les guerres de la Ligue. Le château, construit sur son emplacement, est moderne et domine l’étang qui protégeait autrefois les abords de la forteresse ; il est occupé par l’établissement des Filles du saint Esprit et par la mairie. La famille de Rostrenen appartient à la cité dont elle portait le nom ; elle a été célèbre et a fourni notamment un sénéchal de Bretagne Rivoalon de Rostrenen en 1068 ; un croisé, Geoffroy de Rostrenen, en 1270 et un chambellan au roi Charles VII, Pierre de Rostrenen, en 1458. Le Père Grégoire , auteur d’une grammaire en breton, (3) ainsi que le peintre Perrin que nous avons déjà cité, sont nés à Rostrenen. Au-dessus du moulin de Kerbescond, on voit les traces d’un camp retranché. Non loin de ce lieu, se trouve un bois taillis, qui, fréquemment en hiver, sert de repaire à de nombreuses bêtes fauves. Celui de Sainte Hélène, plus près de la ville, renferme une fontaine consacrée à cette sainte. C’est un joli lieu de promenade.
Précisions de Marie-Magdeleine Le Baquer :
(1) Le point culminant est le Miniou
(2) La commune de Rostrenen tire plus probablement son nom de celui des sieurs de Rostrenen qui se sont vus attribuer ce territoire par ordonnance royale.
(3) Grégoire de Rostrenen était né à Perret.